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La Bergerie des Maigres (Var) - Une découverte étonnante
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Peinture néolithique de la Bergerie des Maigres (Var)
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La Bergerie des Maigres est un établissement pastoral désaffecté, adossé à un entablement rocheux situé au cœur du massif calcaire d'Agnis, à une trentaine de kilomètres au nord de Toulon. Sur la paroi rocheuse qui remplace le mur septentrional de la bergerie, des figures ont été peintes et gravées. Les premières sont assimilées au corpus iconographique schématique couramment exprimé au Néolithique. Les secondes sont qualifiées de schématiques linéaires et supposées réalisées à l'époque médiévale. Au pied de la paroi ornée, un mobilier archéologique abondant a été mis à jour.
La Bergerie des Maigres est un site rare de par ses peintures et ses gravures mais également par le matériel archéologique qui a été retrouvé sur place : quelques éclats de silex, une armature de flèche et des tessons de céramique modelée. Les abris peints nantis d'un contexte archéologique étant rare, les fouilles se sont donc montrées nécessaires.
Les peintures en elles mêmes ne sont pas susceptibles de singulariser le site mais la présence des gravures et donc du réinvestissement de la grotte pendant l'époque historique donne au site un intérêt particulier.
L'ouvrage de Philippe Hameau présente les résultat des recherches menées sur le site de la Bergerie des Maigres.
Interview de Philippe HAMEAU
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Philippe Hameau est docteur à l'Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne, Maître de conférences à l'Université de Nice - Sophia-Antipolis, Président de l'A.S.E.R, Association de Sauvegarde, d'Etude et de Recherche pour le patrimoine naturel et culturel du Centre Var.
- Comment les hommes du Néolithique choisissaient-ils un site pour y réaliser des peintures ?
P.H. : Quatre critères étaient nécessaires pour qu'un abri soit sélectionné. Il devait être en position dominante, ouvert au sud, avoir des parois d'une teinte allant du jaune au rouge et devait faire l'objet de ruissellements périodiques des eaux de pluie. Aucun site orné ne présente la même configuration et pourtant tous répondent plus ou moins explicitement à ces paramètres. Mais il est un critère qui peut paraître subjectif et qui pourtant me semble incontournable : l'abri devait s'inscrire dans un paysage minéral exceptionnel susceptible de procurer un certain choc émotionnel chez ceux qui le visitaient pour la première fois.
- Que sont venus faire les hommes sur le site de la Bergerie des Maigres en dehors de la peinture ?
P.H. : Mon hypothèse est que l'acte graphique n'était pas nécessairement la finalité de la fréquentation de l'abri. Peindre n'était qu'une activité parmi d'autres. Sur le site orné, les hommes ont taillé du silex, ont façonné des pointes de flèches et s'en sont servis, ont amené quelques restes humains et ont peut-être pratiqué des sacrifices animaux. En tout cas, le mobilier archéologique retrouvé à la Bergerie des Maigres évoque des pratiques qui me font supposer que le site avait pu servir pour des rites d'initiation.
- Comment les gens du Moyen Âge ont-ils fait pour récupérer le site et ne pas être obligé d'effacer les peintures ?
P.H. : Vous évoquez-là ce que j'ai appelé "la longue tradition graphique". Cela signifie que le corpus iconographique du Néolithique a été inclus dans celui des graveurs du Moyen Âge qui ont réutilisé les lieux. En fait, la plupart des figures dans l'un et l'autre cas sont identiques : des personnages, des animaux, des signes solaires et des zigzags. Aux Maigres, on s'aperçoit que les graveurs ont accepté les figures humaines et animales peintes avant eux, qu'ils les ont parfois reproduites ou qu'ils les ont accompagnées des signes qu'ils s'attendaient à trouver à côté d'elles. Ils se sont donc réappropriés les lieux et les signes.
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