Deux grands mécènes : Léonard Gianadda à Martigny et Maurice Burrus à Vaison-la-Romaine



COLLOQUE - VAISON-LA-ROMAINE

Regards croisés sur le mécénat en archéologie
Le 18 septembre 2009


Dans le cadre du 30e anniversaire du jumelage Vaison-la-Romaine (Vaucluse) et Martigny (Valais - Suisse), le colloque « Regards croisés sur le mécénat en archéologie » qui aura lieu le 18 septembre 2009 à Vaison cherche à célébrer la personnalité de deux grands mécènes, Maurice Burrus à Vaison-la-Romaine, et Léonard Gianadda à Martigny qui ont largement contribué à modifier le destin de leur cité respective.
Ce colloque inédit et exceptionnel est organisé par l'association Belisama dont son président, Philippe Turrel a accepté de répondre à nos questions (cf. ci-dessous), mais également avec la collaboration de la Fondation Pierre Gianadda de Martigny, la Médiathèque de Martigny et la Fondation Rétro-actif de Neuchâtel.


Le programme du colloque

Deux table-ronde animeront la journée du 18 septembre 2009, la première aura pour objectif de montrer le rôle tenu par les Fondations dans le mécénat archéologique, notamment la Fondation Calvet d’Avignon et la Fondation Gianadda. La seconde table ronde rappellera l’action de Maurice Burrus qui initia une série d’importantes restaurations archéologiques en France et en Suisse. Durant le colloque, des acteurs engagés dans la cause du mécénat – Ministère de la culture, Conseil du notariat, monde de l’entreprise – présenteront les clefs d’un mécénat accessible à tous, valorisant le patrimoine et la vie culturelle. A noter une conférence exeptionnelle à 18h, le 18 septembre 2009 de M. Léonard Gianadda qui cloturera le colloque.

Le programme complet du colloque sur le site retroactif.ch


Le mécénat en archéologie dans le sud-est de la France

Le Mécénat en archéologie dans le sud-est de la France est une pratique qui a permis de sauver de nombreux monuments et de réaliser d'innombrables découvertes. Pour Xavier Delestre, conservateur régional de l'archéologie, son rôle est primordial : "  L’un des tous premiers actes de mécénat archéologique identifiable en Provence remonte au XIIIe siècle (Saint-Maximin, Var). Parmi les exemples nombreux du XIXe siècle, le plus emblématique est celui de la restauration du trophée antique de la Turbie (Alpes-Maritimes) par un mécène américain, Edward Tuck. Pour la première moitié du XXe siècle, où l’archéologie est encore une simple pratique bénévole, domine l’aventure scientifique et humaine exemplaire de Vaison-la-Romaine. Dans les décennies qui suivent l’après Seconde Guerre Mondiale, marquées par l’apparition de la première législation archéologique, beaucoup de fouilles programmées sont, en totalité ou en partie, financées par les fouilleurs eux-mêmes. Ces actes de mécénat, joints les uns aux autres, contribuent à donner à cette région une identité patrimoniale unique comme par exemple avec le site de Glanum (Saint-Rémy de Provence, Bouches-du-Rhône). Enfin, les débuts du XXIe siècle se signalent par la décision de création en Vaucluse d’une Fondation archéologique, exemple unique sur le territoire national ".


Rencontre avec Philippe TURREL, Président de l'association Belisama

Philippe Turrel à gauche avec Léonard Gianadda

Philippe Turrel, Pourquoi avoir choisi d’organiser cette manifestation ?
P.T. : En 2009, Vaison-la-Romaine et Martigny (Suisse) fêtent les 30 ans de leur jumelage. Les deux cités sont romaines et voisines du Rhône. Toutes les deux sont réputées pour leur vin, les abricots et les asperges. Surtout, leur centre a fait l'objet de fouilles archéologiques initiées par des mécènes : Maurice Burrus à Vaison, Léonard Gianadda à Martigny. L'association d'archéologie vaisonnaise Belisama souhaite célébrer ces deux « mécènes à l’oeuvre». Elle organise à Vaison les 18, 19, et 20 septembre un colloque sur le mécénat, une exposition photographique qui met en parallèle les fouilles de Vaison et Martigny et une conférence témoignage de Léonard Gianadda sur le Fondation Pierre-Gianadda. A partir de la découverte d'un sanctuaire antique, Léonard Gianadda a créé en 1976 la Fondation Pierre Gianadda qui abrite aujourd'hui les vestiges archéologiques trouvés à Martigny. Né en 1882, Maurice Burrus, a notamment financé la reconstruction du théâtre antique de Vaison-la-Romaine qui accueille aujourd'hui plusieurs festivals. L'exemple de Maurice Burrus et de Léonard Gianadda montre que le mécénat ne se réduit pas au financement de travaux. Plus largement, les deux hommes sont des entrepreneurs qui imaginent le développement futur de leur ville et le mettent en oeuvre. En l’espace de 30 ans, Vaison-la-Romaine a attiré dans ses sites archéologiques, et au théâtre antique pour la programmation culturelle, plusieurs millions de visiteurs. Chiffre à mettre en regard des sept millions de visiteurs enregistrés à la Fondation Pierre Gianadda depuis 1978.

Pensez-vous que l'archéologie pourrait attirer plus de mécènes qu'aujourd'hui ?
P.T. : Oui à condition de permettre aux entreprises et aux particuliers de s’approprier les clés d’un mécénat qui n’a plus rien à voir avec le mécénat de l’entre-deux-guerres. De nouveaux dispositifs fiscaux permettent aujourd’hui de s’engager dans des opérations de mécénat culturel et archéologique en particulier. Il y a un avant et un après la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations. Cette loi propose une fiscalité nouvelle, réellement incitative. Lors du colloque du 18 septembre, Robert Fohr, chef de la mission Mécénat au ministère de la Culture et de la Communication viendra expliquer la nouvelle législation française. Cette législation encourage l'engagement de la société civile aux côtés des pouvoirs publics dans les causes d'intérêt général, de la vie culturelle et de la valorisation du patrimoine notamment. Elle permet l'émergence d'une véritable « culture du mécénat » aux multiples expressions : mécénat financier, de compétence, en nature ou technologique.

Est-ce qu'un mécénat à plusieurs niveaux pourrait être envisagé avec des mécènes pour les grands projets archéologiques et aussi des mécènes (plus modéré) pour les associations locales qui font vivre ou valorise le patrimoine régional ?
P.T. : A notre niveau, nous proposerons à l’issue du colloque, la création d'un club de mécénat d'archéologie à Vaison-la-Romaine au sein du Club Déclic de la Fondation d’entreprise Banque Provençale et Corse. Grâce à ce club « Mécènes et Patrimoine » entreprises ou particuliers pourront investir dans un projet de valorisation des espaces archéologiques vaisonnais, au titre du patrimoine protégé. Mais nous favoriserons également des projets concernant le patrimoine bâti non classé. Nous avons ainsi le projet de nous rapprocher de la Fondation du Patrimoine qui est un organisme indépendant à but non lucratif. Elle vise à promouvoir la sauvegarde, la connaissance et la mise en valeur du " patrimoine de proximité ", qui est un patrimoine non protégé au titre des Monuments Historiques. Elle attribue ainsi un label aux propriétaires privés souhaitant faire une restauration de qualité sur des bâtiments non protégés, faisant partie du patrimoine de proximité.


PRATIQUE

Regards croisés sur le mécenat en archéologie
Date : 18 septembre 2009
Lieu : Espace culturel - Avenue François Mitterrand - 84110 Vaison-la-Romaine
Prix : Entrée libre dans la limite des places disponibles
Renseignements : Association Belisama - Philippe Turrel (Tél. : + 33 ( 0 ) 6 75 19 99 34)
E-mail : philippe . turrel @ retroactif . ch


INFO LIEE

Web : Vaison dans les musées du monde, créé par l'association Belisama